Parcours Street Art dans le cadre du festival Constellations

Je sors de ma délectable procrastination (alors à son apogée) pour vous parler du festival Constellations à Metz, à découvrir absolument pour ceux qui ne se sont pas encore laissés séduire par les divers projets artistiques et spectacles de l’été. Pour sa deuxième édition, ce festival s’articule autour de 4 circuits artistiques à découvrir à travers la ville :

  • Le circuit « Pierres Numériques » comprenant, entre autres, et comme l’an dernier, un mapping exceptionnel projeté sur la cathédrale St Étienne. À ne manquer sous aucun prétexte tant cette projection est à couper le souffle!
  • Le circuit « Robert Schad » nous invitant à découvrir 21 de ses œuvres dispatchées à travers la ville.
  • Le circuit « Art et Jardins » dont je serai bien incapable de vous parler dans la mesure où je ne l’ai pas encore fait (mais pour lequel vous retrouverez plusieurs infos ici).
  • Et le circuit « Street Art », celui-là même qui m’a suffisamment plu pour que nous lui devions, en grande partie, mon retour par ici. Ce parcours de 4 km comprend 18 œuvres éphémères réalisées dans la rue ou dans des endroits publics.

J’avais, pour la plupart, pu découvrir ces œuvres au hasard dans Metz, mais je n’avais pas encore suivi le parcours Street Art de bout en bout. Pour ce faire, rien de plus simple, il vous suffit de vous rendre au 1er point de rendez-vous : la Basilique St Vincent, et de suivre la ligne violette peinte sur le sol jusqu’au centre commercial Muse. Un projet qui s’avéra à ma portée. Pour corser un peu l’aventure, j’ai choisi le week-end dernier, une bonne journée de canicule, pour m’affranchir de cette tâche!

Vous retrouverez ci-dessous 7 œuvres parmi les 18 proposées dans ce circuit. Ce sont celles qui m’ont le plus touchée (une donnée on ne peut plus subjective, j’en conviens tout à fait!).

Aérophone

(la numéro 16 du circuit) (qui correspond à la 1ère œuvre, mais la numérotation commence à 16…)

Ce circuit commence dans la Basilique St Vincent. Les street artists se sont inspirés du style gothique de cet édifice religieux pour articuler leurs œuvres autour du thème du Moyen Age, que ce soit dans le style, à travers la culture, ou encore les croyances de l’époque. Du coup quand on pénètre dans cet édifice, on se fait happer et on se laisse surprendre par ce mélange des styles, et par les couleurs de ces immenses oriflammes placées tout le long de l’allée centrale.

Pour ce projet dans la Basilique, Missy, Grem’s et Stom 500 se sont entourés des artistes Dxtr, Nicolas Barrome, Amandine Urruty, Frau Isa, Julien Schleiffer, Jean-Michel Ouvry, Monsta & Mlle Terite (Les Enfants Sauvages), Teurk & Anton et Cone.

Ma préférence se porte sur l’œuvre imposante de Teurk & Anton  intitulée « Péchés perchés », que l’on retrouve tout au fond à gauche de la Basilique. Les 2 artistes ont investi les lieux avec planches en bois et miroirs et, en s’inspirant du thème des châteaux forts, ont mis en place leurs cabanes et placé leurs miroirs à des endroits stratégiques nous permettant d’apprécier la basilique sous un autre angle. Le résultat est déroutant, on se laisse prendre au jeu des miroirs, et on se surprend à rechercher le vrai de l’illusion. La Basilique ainsi retournée se trouve sublimée.

La basilique est ouverte au public du mardi au dimanche de 14h à 18h. Des nocturnes se tiendront les 13 et 14 septembre jusqu’à 23h.

Pictor

(la numéro 17 du circuit)

 

On retrouve la deuxième étape intitulée « Pictor » (en référence à la constellation du peintre) en plein cœur du square du Luxembourg. Là on y découvre l’art urbain comme on se l’imagine : un ancien bus du MET entièrement recouvert de fresques par les graffeurs messins, Kogaone et LeSkule, et un mur éphémère qui a déjà inspiré différents artistes de l’association Une Phase 2 styles depuis qu’il a été dressé fin juin.

La prochaine performance live des graffeurs aura lieu demain et dimanche, et la suivante les 1er et 2 septembre. L’occasion idéale de voir ces artistes en plein travail, de mieux comprendre les étapes de création de ces fresques immenses, mais aussi de les voir manier avec précision leurs bombes de peinture… et moi ça me fascine de voir ces artistes qui n’entrent pas en contact direct avec leur « toile », comme un peintre pourrait le faire avec un pinceau.

Le street art, je vous en avais déjà parlé lors de mon séjour à Melbourne, est un art qui me touche particulièrement. Déjà par son aspect on ne peut plus contemporain, par son côté très souvent engagé, mais aussi pour son caractère éphémère. Je trouve le street artist véritablement à contrecourant dans le fait qu’il n’ait pas cette volonté de laisser une empreinte physique de son travail qui pourra perdurer dans le temps.

Constellation du jaguar

(la numéro 21 du circuit)

 

J’ai eu la chance (par pur hasard) d’apercevoir l’artiste Marko 93 en pleine réalisation de son œuvre intitulée « Constellation du Jaguar » réalisée sur 2 tours constituées chacune de 4 conteneurs empilés.

Si, dans un premier temps c’est la taille de l’œuvre, ainsi que ses couleurs très flashy qui nous saisissent, ce n’est qu’à la nuit tombée que l’œuvre se dévoile véritablement. En effet, en photographiant ce jaguar dans l’obscurité avec le flash, vous découvrirez son regard perçant s’illuminer. Ce phénomène saisissant étant rendu possible grâce à des bandes réflectives posées au niveau des yeux.

C’est ainsi qu’alors en plein jour, avec toutes ses couleurs vives, ce jaguar nous apparait sympathique; dans l’obscurité, les couleurs assombries et le regard brillant, il redevient animal sauvage, offrant alors à l’œuvre 2 interprétations très différentes.

Un petit tableau explicatif positionné à côté de l’œuvre nous apprend que le jaguar est synonyme de lumière chez les mayas. La journée il est le soleil, et à la tombée de la nuit il redevient jaguar permettant ainsi à la communication de s’élever vers le ciel et de rayonner. Une bien belle image sur laquelle je vous laisse méditer!

Instagram de Marko 93

Le baiser d’après Gustav Klimt

(la numéro 23 du circuit)

 

Une autre œuvre au style complètement différent a attiré mon regard lors de ce circuit, il s’agit de la revisite du baiser de Gustav Klimt réalisé par ZAG & SÌA sur le mur et les marches de l’escalier de l’Arsenal. Qui mieux qu’un couple d’artistes pour mettre en scène cette œuvre on ne peut plus sensuelle ? L’amour et la tendresse infinie qui se dégagent de l’œuvre originale de Gustave Klimt sont parfaitement retranscrits sur cette fresque éphémère. On y retrouve en effet, toute la sensualité proche de l’érotisme dans le visage de la femme qui s’abandonne complètement dans les bras de son amant.

Leur version du « Baiser » de Klimt, en anamorphose sur les escaliers et mur de l’Arsenal est une des œuvres de ce parcours qui m’a le plus saisie. Serais-je en train de virer romantique ??

Instagram ZAG & SÌA

Blind

(la numéro 26 du circuit)

Impossible de passer à côté des œuvres de l’artiste sculpteur pochoiriste David DAVID tant elles nous interpellent. On découvre différents personnages aux couleurs vives avec un sceau de peinture renversé sur la tête. Toutes ces sculptures sont dans des positions actives représentant l’homme actuel dans la société de consommation, soit en train de pianoter sur son téléphone, soit de retour de shopping des sacs plein les bras… et tout ça en étant complètement aveugle à cause des seaux. Un paradoxe qui détonne et qui surprend. Pour m’être renseignée un peu, histoire de ne pas vous dire trop de conneries, il semblerait que l’artiste veuille représenter l’image de l’artiste qui est abondamment épris d’art au point qu’il ne peut cesser d’y penser…

Sun Dance

(la numéro 28 du circuit)

J’adore le titre « Sun Dance » donné à la série d’œuvres de l’artiste Noon, que nous retrouvons telle une déambulation colorée de la place Roi Georges jusqu’au quartier de l’Amphithéâtre. En effet, je trouve que celui-ci  illustre parfaitement le travail de cette artiste. J’ai adoré l’esthétique de ces œuvres aux couleurs vives et aux formes très graphiques. On pourrait les croire symétriques en leur milieu, mais il n’en est rien si on rentre dans le détail de celles-ci, et cela les rend, je trouve, encore plus intéressantes. Un superbe coup de fraicheur et une réelle joie de vivre se dégagent de tout ce travail. J’aurais adoré pouvoir en décrocher une, n’importe laquelle, elles me plaisent toutes !

L’artiste Noon dit de son travail :  « Je vais m’amuser à faire vibrer, contraster mes couleurs turquoise, métalliques, fluo sur le béton des bancs. Je vais réaliser des médaillons colorés très graphiques inspirés des arts décoratifs et primitifs et toujours autour de la nature. Tout mon travail est basé sur la couleur et les formes, je cherche tout simplement plus dans mes créations à faire vibrer les couleurs, à jouer sur la répétition des formes et m’inspirer de la création textile par le motif ».

Instagram : annegnoon

Environnement chromatique

(la numéro 29 du circuit)

L’artiste Carlos Cruz-Diez a investi le parvis du Centre Pompidou avec son œuvre majestueuse de 500m² intitulée « Environnement Chromatique ». En nous présentant cette fresque tout en couleur et en géométrie à même le sol, l’artiste de 93 ans avait l’ambition de changer le regard des gens sur leur environnement quotidien en modifiant le décor, en créant une tension pour les pousser à remettre en question leur point de vue.

Une chose est certaine, c’est que pour avoir abordé l’œuvre par divers points de vue et à différents moments de la journée, je l’ai, à chaque fois, ressentie différemment, comme une œuvre en constante évolution : tantôt punchy, tantôt très (voire trop à mon goût) symétrique, ou encore douce, lumineuse et rayonnante. C’est pourquoi il me semble impossible de rester indifférent face à un tel projet… éphémère, encore une fois.

L’intégralité de ces œuvres sera visible jusqu’au 16 septembre, et je ne peux que vous recommander chaleureusement de partir à leur découverte.

Le festival Constellations offre également bon nombre de spectacles de qualité (gratuits et libres d’accès), vous retrouverez le programme complet ici.

Merci à Guillaume mon photographe de la journée. Toutes les photos sont de lui, exceptées celles prises dans la Basilique qui sont de moi. Je ne doute point, lecteur fidèle, que tu y auras reconnu ma touch bancale!

Je vous souhaite à tous un très bel été…

 

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