Et toi, pourquoi tu bosses?

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Hier, je reçois un sms de Brother n°1. Lui et moi ne communiquons pas très régulièrement, mais quand nous le faisons c’est toujours pour un échange profond ou une idée précise. Et hier, je reçois « Je reprends le boulot demain, pas envie », ce à quoi je réponds immédiatement « je comprends tellement » (réponse certes stérile, mais riche de vérité). Bin oui en effet, qui ne s’est pas régulièrement posé la question du pourquoi travaillons-nous ? Et que nous apporte ce travail ?? Un salaire uniquement ? Une occupation ? Un statut social ? Une façon de nous rendre utiles ?

En cette période de rentrée, alors que la plupart d’entre nous quittent plus ou moins difficilement nos lieux de villégiature, abandonnons grasses mat et les apéros à rallonge, la nouvelle expo du FRAC Lorraine intitulée Ressources Humaines nous invite à nous interroger sur le monde du travail. Tout un programme me direz-vous! C’est en se plaçant du côté des acteurs du monde du travail que les différents artistes présents sur cette expo, nous font partager des éléments de réponse, à travers, essentiellement des supports photo, vidéos ou des performances.

Et, la première pièce de la collection est à découvrir avant même de pénétrer dans l’enceinte du musée, vu qu’elle se trouve dans la cour… Il s’agit d’une lettre destinée à la prochaine directrice ou au prochain directeur du FRAC Lorraine, dans laquelle vous pouvez lire différentes revendications et dénonciations concernant les conditions de travail des médiateurs dans les musées. Quand l’art devient messager engagé, moi, j’adore!

Comme à son habitude, le FRAC va faire le choix dans cette exposition de donner la voix à ceux qui n’ont pas forcément la parole dans le monde du travail, et on va les écouter.

C’est ainsi que vous pourrez voir la touchante interview de cette Sénégalaise arrivée en France qui travaille comme agent d’entretien, filmée par Kapwani Kiwanga dans un court film intitulé Bon Voyage, qui ne manque pas de nous faire réfléchir à la pénibilité de certaines professions et à leur manque de reconnaissance.

Ou encore la délirante expérience de l’artiste Pilvi Takala qui s’est fait passer pour une stagiaire dans une grande boite d’audit, et qui va durant tout un mois passer son temps les yeux dans le vide, oisive, à expliquer à ses collègues qui l’interrogent sur son inactivité qu’elle travaille en réfléchissant, sans outil. L’étude des réactions de ceux-ci peut paraitre déroutante… ou pas tant que ça quand on connait ce milieu.

Toujours orienté très féministe, le FRAC ne manquera pas de réhabiliter le travail de la femme au foyer et, bien entendu, le travail de l’artiste lui-même. Peu peuvent prétendre vivre de leur art et sont souvent obligés de mener une double vie, subvenir à leurs besoins grâce à un job alimentaire, qui peut parfois leur offrir d’autres horizons sur leur travail justement. C’est ce que le travail d’Olga Kisseleva nous permet de découvrir.

Cette expo nous invite aussi à porter un regard neuf sur le monde du travail, nous permet de prendre conscience de nos rôles et responsabilités au sein de celui-ci et plus globalement dans celui de citoyen.

Qu’est-ce qu’un travail utile ? Qui sont les acteurs ? Quels sont ceux qui prennent les décisions et comment ? Qui bénéficie de la liberté de choisir et de décider ? Savons-nous valoriser le travail créatif de l’artiste dans notre société qui prône avant tout l’efficacité, le rendement et le profit ?… Autant de questions riches de sens jalonnent cette expo que vous pouvez découvrir jusqu’au 5 novembre.

 

 

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