Lee Ufan au Centre Pompidou

J’avais bien envie de vous parler de l’expo de Lee Ufan… non pas que je sois tombée en pâmoison devant la beauté de ses œuvres, je dirais plutôt que sa façon de penser l’Art, et plus précisément de nous amener à penser son Art, m’a vraiment interpelée. Je vais tenter de m’expliquer avant de vous perdre dès la 3ème ligne de ce billet !

Bon déjà un petit contexte à mon histoire pourrait vous être utile. J’ai découvert l’expo de Lee Ufan au Centre Pompidou Metz. Cet artiste coréen de 83 ans a été invité à nous présenter une partie de son travail à travers 37 pièces réalisées au cours de sa carrière. Pour mettre en avant ses œuvres, il a lui-même fait le choix de la structure de sa zone d’exposition, chaque salle est délimitée de façon réfléchie, chaque ouverture est étudiée, allant même jusqu’à définir lui-même l’épaisseur des parois. Il a évidemment choisi le positionnement des éclairages, tout comme l’intensité de celui-ci. En effet, pour Lee Ufan, son œuvre existe quand elle est prise dans son ensemble, dans tout son cadre d’exposition. Pour ma part, cette disposition m’a beaucoup plu, j’ai ressenti beaucoup de légèreté et de sérénité en traversant ces 15 salles, toutes très lumineuses avec leurs larges ouvertures.

Pour bien comprendre le travail de cet artiste, il est important de comprendre que son but est d’attirer l’attention du spectateur sur ce qui n’est pas visible. Il ne souhaite pas nous imposer sa façon de penser ni nous influencer, son intention n’est pas de nous transmettre une émotion, il veut nous amener à nous interroger ! Et ça, ça m’a scotché ! J’ai trouvé cette approche différente et très forte.

Pour nous obliger à nous interroger, pour nous obliger à aller au-delà de la simple observation de premier niveau et forcer le spectateur à se faire son propre jugement, l’artiste va créer des relations entre les matériaux, va les mettre en opposition, va perturber le sens commun des choses. Il ne veut pas qu’on se contente de regarder. Une barre en acier se plierait-elle uniquement car elle est posée en équilibre sur un rocher ? Une unité de mesure se distendrait-elle uniquement car elle est étirée par des pierres ? Ce cube en métal pourrait-il vraiment être soutenu par une structure en coton ?

Le travail de Lee Ufan c’est en partie cela, mais également des interrogations sur la notion d’infini dont on peut apprécier l’évolution de la pensée à travers les oeuvres présentées, et de nombreuses autres notions qui m’ont échappées ce jour-là, mais que vous pourrez apprécier jusqu’au 30 septembre au Centre Pompidou Metz.

Pour sa singularité, je vous recommande chaleureusement cette exposition. N’hésitez pas à profiter des visites guidées, surtout si vous êtes novices comme moi, pour ne pas passer à côté de ce travail.

 

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