Exposition Jardin infini – de Giverny à l’Amazonie

Une expo et deux ambiances à découvrir actuellement au Centre Pompidou Metz.

Intitulée Jardin infini – De Giverny à l’Amazonie, ce sont près de 300 œuvres modernes et essentiellement contemporaines qui sont mises en place pour cette exposition.

Et ça donne quoi me demanderez-vous ? Et bien de magnifiques points de vue de différents artistes, parfois surprenants ou touchants, d’autres fois dérangeants, autour de ce thème du jardin.

Alors j’aurais adoré être en mesure de jouer les critiques d’Art, mais bon je dois encore travailler un peu (beaucoup) avant cela, du coup je vais me contenter d’essayer de vous donner envie de partir à la découverte de ces beaux jardins!

Et dans cette exposition, l’immersion est immédiate! Avant même de pénétrer dans le musée, vous découvrez sur le parvis, l’œuvre surprenante de l’artiste Loïs Weinberger intitulée « Reactive Garden » (c’est la photo que vous voyez ci-dessus). Alors oui, vos yeux ne vous trompent pas, il s’agit bien d’une centaine de pots en plastique placés les uns à côté des autres, remplis de terre brute. Ici, l’artiste donne les bases et c’est la nature qui confectionne l’œuvre! En effet, ce sont les oiseaux, les insectes ou même le vent qui vont apporter dans ces seaux les semences qui prendront vie. Voyez le résultat, il parle de lui-même avec toutes ces petites touches de vert qui pointent un peu partout !

La suite de la visite se passe bien à l’intérieur du musée, et je vous conseille de commencer par la galerie 3.

Au niveau de la galerie 3, la mise en scène nous donne l’impression de découvrir les jardins par le dessous, comme si nous étions sous la terre. La lumière est tamisée, les murs sont de couleur terreuse et l’espace est cloisonné. Chaque alvéole nous invite à découvrir la vision d’un artiste et je trouve que ce cloisonnement donne un aspect encore plus privé, comme si chaque artiste nous ouvrait les portes de son intimité à travers ses réalisations. En plus, je ne sais pas si c’est le fait de pénétrer dans un endroit sombre, mais il régnait dans cette galerie un calme étonnant, nous avancions tous à pas feutré, les gens chuchotaient, comme si personne n’osait rompre ce silence.

Concernant les œuvres exposées, j’ai été particulièrement sensible à « Cornwall State Circus » de Richard Long dont la beauté esthétique m’a fascinée. Il s’agit d’une œuvre de grande taille réalisée sur le sol, à partir de morceaux d’ardoise dont le côté saillant est accentué par la douce lumière qui s’y reflète.

J’ai également découvert l’artiste Derek Jarman. Cet homme atteint du sida et se sachant très malade, acquiert Prospect Cottage, une cabane de pêcheur sur une plage de galets, et décide de faire un pied de nez à la vie en choisissant de faire pousser une flore résistante sur cette terre hostile. On découvre son jardin à travers des photographies, j’ai trouvé ça extrêmement touchant.

Dans un registre tout autre, est exposée « La Jardinière » de Thierry De Cordier, une sorte d’abris de jardin que l’artiste s’était lui-même fabriqué pour s’isoler et se retrouver au plus proche de la nature pour méditer et écrire… et moi j’adore découvrir les gens encore plus fous que moi, je trouve ça tellement tellement rassurant !

Enfin, il y a l’espace réservé aux plantes hallucinogènes. Le mur de photographies de Peter Fischli et David Weiss est sublime, et ce champi géant (œuvre de Carsten Höller « Giant Triple Mushroom Amanita muscaria Helvella crispa Boletus Badius ») en partie croqué nous laisse forcément à penser aux effets et conséquences d’un tel morceau ingéré et nous voilà stimulés sans la moindre substance !

Au niveau 2, changement radical de décor ! On pénètre dans un espace complètement décloisonné et traversé par la lumière. On est même ébloui par tant de luminosité tant le changement est net. Il en va de même pour l’ambiance sonore, certaines œuvres sont même musicales. Si dans la galerie 3 nous avions l’impression de traverser des galeries souterraines, dans la galerie 2 nous sommes définitivement en plein cœur d’un jardin.  Outre les matières vivantes que l’on peut apercevoir sur certaines œuvres comme la terre, des plantes, et même un aquarium, le sol est lui-même recouvert d’un gazon synthétique de couleur ocre pour recréer cette d’impression d’extérieur.

A cet étage aussi les œuvres exposées sont nombreuses. On découvre notamment l’œuvre flottante de l’artiste Simon Starling « Island of weeds ». Sur ce radeau l’artiste a mis à l’honneur le rhododendron. Une plante qui avait été importée dans son pays l’Angleterre, et qui s’était tellement bien acclimatée sur cette terre d’accueil qu’elle a fini par être jugée envahissante pour finalement être retirée en grande partie. Paradoxalement, l’artiste apprenait que dans son pays d’origine l’Espagne, cette plante était en voie d’extinction. Il est difficile de ne pas faire de parallèle entre la migration des espèces et les migrations humaines, c’est probablement pour cela que cette œuvre m’a autant émue.

Pas très loin il y a l’œuvre de Pierre Huyghe, intitulée « Nymphea Transplant », qui n’est  autre qu’un aquarium. Ici l’artiste est allé prélever dans l’étang de Giverny une quantité d’eau, sans oublier les poissons et les célèbres nénuphars, pour nous offrir une vision différente, une vision vue d’en bas des célèbres nymphéas de Monet. Fan inconditionnelle des œuvres de Monet, j’ai trouvé cette vision passionnante!

Enfin, j’ai fini la visite sur une note super positive avec l’œuvre de Hans Haacke « Directed Growth » qui met en évidence le potentiel d’adaptation énorme de la nature en choisissant de faire pousser des haricots dans un musée… et ils se portent très bien merci !

Le centre Pompidou propose enfin des visites guidées et ça, c’est une très bonne nouvelle pour les gens comme moi qui aiment avoir des explications sur les œuvres exposées. Ces visites ont lieu chaque samedi et chaque dimanche à 14h et à 16h. Il vous faudra débourser 4€ supplémentaires au prix de votre billet, sauf si vous détenez le Pass M, dans ce cas les visites guidées sont gratuites !

Cette exposition est à découvrir jusqu’au 28 août, ne la manquez pas !

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