Not ready to make nice!

gg4

Vous savez maintenant que j’aime bien vous faire un billet sur chaque nouvelle exposition présentée au FRAC de Metz (si, vous savez, je pars du principe que vous êtes Lecteurs Fidèles).

Avec cette nouvelle expo au titre évocateur Not ready to make nice! c’est un véritable engagement que le FRAC nous propose de découvrir ou redécouvrir, celui des Guerrilla Girls, un collectif américain plus actif que jamais !

Quand on connait l’orientation résolument féministe de l’établissement, nous ne sommes pas surpris d’apprendre que le FRAC est la première institution française à retracer les 30 ans de travaux de ces activistes masquées.

Humour cinglant, politiquement incorrect et véritable volonté engagée de faire bouger les choses, sont les ingrédients de cette rétrospective qui vaut vraiment le détour !

 

Les Guerrilla Girls, qui sont-elles ?

A New York en 1985, un collectif d’artistes féministes voit le jour. Ces activistes veulent dénoncer l’oubli ou la (sous) sous-représentation des artistes femmes dans les musées et les galeries d’art. Elles se feront appeler les Guerrilla Girls. Loin d’être un petit mouvement isolé, les Guerrilla Girls vont rapidement gagner en notoriété, ce qui leur permettra d’étendre leur bataille au niveau national et international contre toutes les discriminations dans le monde de l’art.

Qui sont-elles vraiment ? Nous ne le savons pas. Elles ont fait le choix de préserver leur anonymat en portant des masques de gorille, pour non seulement se protéger d’hypothétiques représailles sur leurs carrières, mais aussi pour concentrer l’attention du public sur leurs messages et non sur leurs identités. Pour se différencier les unes des autres, elles s’attribuent comme pseudonymes des noms d’artistes femmes emblématiques décédées, comme Frida Kahlo ou Hannah Höch.

gg

source

Les moyens de communication des Guerrilla Girls sont nombreux, elles organisent des manifestations, créent des autocollants, des affiches et des illustrations et présentent leurs recherches sur les inégalités en organisant des réunions publiques. Elles n’hésitent pas à coller leurs affiches directement dans la rue pour laisser leurs messages à la vue de tous. « L’affiche, c’est “cheap”, ça s’imprime facilement et c’est une diffusion immédiate dans la rue » explique “Frida Kahlo”.

gg2

 

Le FRAC de Metz, qui a fait l’acquisition d’un grand nombre de leurs posters, nous invite à découvrir leur combat. Tous affichés de façon chronologique, on découvre alors l’évolution du travail des Guerrilla Girls entre 1985 et 2012. Que ce soit dans le fond : au début elles vont commencer leurs travaux en dénonçant le sexisme pour peu à peu mettre aussi en évidence le racisme dans le monde de l’art ; ou dans la forme : les Guerrilla Girls ont toujours pris grand soin de respecter les canons de la publicité pour faire passer au mieux leurs messages, à leurs débuts leurs affiches sont simples et en noir et blanc, puis elles deviennent, avec le temps, colorées et plus détaillées.

Ci-dessous quelques exemples parmi celles qui m’ont le plus interpellée, pour vous permettre d’apprécier leur ton accusateur très direct, toujours extrêmement précis et documenté, et leur humour provocateur dont je suis fan.

gg6

Galeries, critiques ou musées jugés sexistes sont personnellement visés.

gg7

Les slogans se veulent volontairement choquants dans le but de frapper tant les spectateurs que les acteurs influents du monde l’art.

gg5

Les Guerrilla Girls ont mis à leur service l’humour, non seulement pour mettre à mal le stéréotype de la féministe enragée et rigide, mais aussi pour mieux persuader et séduire les spectateurs.

 « Comment nous pouvons montrer le sexisme, le racisme et la corruption de la politique, de l’art, des films et de la pop culture ? Avec des faits, de l’humour et un visuel scandaleux ».

 

 

Cette expo « Not ready to make nice » fait écho à l’action entreprise par l’ancienne directrice du FRAC Lorraine Béatrice Josse, qui à son arrivée à son poste en 1993, avait mené une politique d’achat d’œuvres exclusivement réalisées par des femmes après avoir constaté, en faisant l’inventaire de la collection, que 95 % des œuvres étaient signées par des hommes !

gg3

J’avoue que, très peu féministe dans l’âme, je ne m’étais jamais questionnée sur la parité dans le monde de l’art, un milieu que j’avais même tendance à imaginer avant-gardiste. Cette expo nous propose donc d’en découvrir une nouvelle facette, c’est pourquoi je vous la recommande. Si les différents chiffres avancés par les Guerrilla Girls paraissent irréfutables, j’aurais quand même voulu être en mesure de comparer le pourcentage de femmes artistes qui se voient refuser d’exposer face au pourcentage d’artistes hommes…

Vous avez jusqu’au 19 février 2017 pour découvrir les Guerrilla Girls. Si vous ne maitrisez pas suffisamment l’anglais et que vous craignez de ne pas pouvoir comprendre parfaitement les slogans sur les affiches, ne craignez rien, le FRAC a pensé à tout ! Directement à l’entrée du musée, un guide avec la traduction de chaque poster est mis à votre disposition gratuitement.

… et pour l’accès au FRAC, c’est ici :

2 Comments
  • Amy
    décembre 7, 2016

    Yes! I’ll have to check it out! 🙂 <3

    • Anna
      décembre 7, 2016

      Tes compatriotes ont du caractère Amy!!

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Visit Us On Facebook